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Température de la chambre en hiver : quel est le seuil de froid acceptable ?

25 Oct, 2026
Jürgen Swinnen

L’heure vient de changer, l’obscurité s’installe dès 17h30 et le chauffage tourne à nouveau. Chaque année, la même question revient : faut-il laisser le chauffage allumé dans la chambre ou se glisser sous une couette épaisse dans une pièce froide ? Pour la température de la chambre en hiver, un chiffre revient souvent : 18 degrés. Pourtant, la réponse s’avère moins rigide que ce chiffre ne le suggère. Les recherches démontrent que c’est votre couette qui détermine le degré de fraîcheur acceptable. Ce qui compte, c’est avant tout le climat sous votre couette. Voici les explications.

Pourquoi votre corps cherche à se refroidir la nuit

Votre température centrale, celle à l’intérieur de votre corps, fluctue d’environ un degré sur vingt-quatre heures. La baisse s’amorce précisément au moment du coucher, et cette diminution est indissociable de l’endormissement. Votre corps évacue cette chaleur principalement par les mains et les pieds : les vaisseaux sanguins s’y dilatent pour libérer la chaleur (Harding, Franks et Wisden, 2019).

Une expérience célèbre a démontré l’importance de cette évacuation thermique. Plus la différence de température entre vos extrémités (mains et pieds) et votre tronc est grande, plus l’endormissement est rapide (Kräuchi et al., 1999). Une revue récente de spécialistes du sommeil de Łódź, en Pologne, confirme ce constat et ajoute que des extrémités trop froides ou trop chaudes entravent l’endormissement (Pierzchała et al., 2026).

C’est là que réside toute la tension dans une chambre hivernale. Une pièce fraîche aide le corps à évacuer la chaleur. Mais si vos pieds sont glacés sous la couette, les vaisseaux sanguins se contractent, empêchant ce refroidissement interne. Le bain ou la douche chaude une à deux heures avant le coucher repose sur le même mécanisme : une méta-analyse de 17 études a montré que dix minutes dans une eau entre 40 et 42,5 degrés réduisaient le temps d’endormissement (Haghayegh et al., 2019). Vous trouverez plus de détails sur cette interaction dans notre article sur la température corporelle et la qualité du sommeil.

Ce que dit la recherche sur la température de la chambre en hiver

La règle d’or de 16 à 18 degrés souvent citée par les somnologues est une moyenne. Une étude de 2023 explique pourquoi cette moyenne peut varier selon les individus. Douze sujets ont dormi sous six couettes d’épaisseurs différentes, tandis que les chercheurs ajustaient la température ambiante pour leur confort. Avec la couette la plus fine, la zone de confort se situait entre 16 et 22 degrés. Sous la couette la plus épaisse, ils dormaient confortablement dans une pièce entre 8 et 18 degrés (Yan, Zheng et Ke, 2023).

Le point le plus intéressant concernait le lit lui-même. Tant que la température sous la couette restait entre 30 et 33 degrés, la qualité du sommeil était bonne, que la chambre soit plutôt froide ou chaude par rapport à la zone de confort. Bien qu’il s’agisse d’une étude restreinte, l’idée est claire : la chambre est le décor, mais la couette définit le climat réel de votre sommeil. C’est, pour ainsi dire, votre cocon de sommeil.

Cela ne signifie pas que le froid n’a aucun impact. Dans une étude japonaise, les adultes souffrant fréquemment d’une chambre trop froide obtenaient des scores nettement inférieurs à un questionnaire standardisé sur la qualité du sommeil (Chimed-Ochir et al., 2021). Il s’agissait ici du froid ressenti, et non de degrés mesurés, établissant une corrélation plutôt qu’une causalité prouvée.

Femme dormant sous une couette d’hiver épaisse dans une chambre fraîche

Chauffage allumé ou éteint : que disent les recommandations ?

Comparons les différents avis. Les recommandations varient d’un pays à l’autre. Aux Pays-Bas, par exemple, Milieu Centraal, l’organisme néerlandais d’information sur l’énergie, préconise 15 degrés pour le thermostat la nuit et recommande d’éteindre le chauffage dans les chambres. Avec un chauffage au sol ou une pompe à chaleur, ce seuil passe à 17 ou 18 degrés pour éviter un temps de chauffe trop long. Il s’agit là d’un conseil énergétique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) mentionne 18 degrés comme température intérieure sûre et équilibrée pour protéger la santé durant la saison froide (OMS, 2018). C’est un conseil de santé pour l’ensemble du logement, pas spécifiquement pour le sommeil.

En Belgique et en France, un autre facteur entre en jeu : l’humidité. La nuit, vous évacuez de l’humidité par la respiration et la transpiration. Dans une pièce très froide, celle-ci se condense sur les points les plus froids, comme le mur extérieur derrière une armoire, la fenêtre ou le dessous du matelas. C’est pourquoi les conseils courants, des autorités sanitaires néerlandaises au gouvernement flamand, associent une chambre fraîche à une bonne ventilation et à une aération matinale brève. Sur la question de savoir s’il faut laisser la fenêtre ouverte ou fermée, nous avons déjà publié un article dédié : dormir avec la fenêtre ouverte ou fermée.

Le chiffre de 18 degrés, que vous lisez régulièrement ici sur Mind the Bed, est donc un bon point de départ. Mais ce n’est pas une limite absolue au-delà de laquelle votre sommeil se dégrade. Un adulte en bonne santé, équipé d’une couette adaptée, peut parfaitement dormir dans une chambre plus fraîche à 15 ou 16 degrés.

Quelles conséquences pour votre literie ?

On parle souvent du thermostat, alors que les véritables leviers se trouvent dans le lit :

  • La couette. Une couette d’hiver compense une chambre plus froide. La chaleur d’une couette dépend de son garnissage et de sa classe de chaleur ; dans quelle couette est la plus chaude, nous expliquons les classes de chaleur et l’indice Tog. Les couches offrent de la flexibilité : une couette quatre saisons ou un plaid supplémentaire peuvent être ajustés durant la nuit, contrairement à une seule couette épaisse.
  • Deux dormeurs, deux climats. Si l’un a toujours froid et l’autre vite chaud, une température unique pour la chambre est par définition un compromis impossible à gérer. Deux couettes de chaleurs différentes résolvent généralement le problème, comme nous l’avons décrit dans une grande couette ou deux couettes séparées.
  • Pieds froids. Des chaussettes ou une bouillotte font exactement ce que suggère la recherche : elles aident à dilater les vaisseaux sanguins de vos pieds.
  • Le matelas. Certains matériaux comme la mousse à mémoire de forme deviennent nettement plus fermes dans une chambre froide. Ce n’est pas un risque pour la santé, mais cela change la sensation durant les premières minutes. Les matériaux dissipant la chaleur, comme le Technogel®, peuvent compliquer l’endormissement dans une pièce trop froide, le lit devenant alors glacial.

Une question de climat personnel

La question la plus pertinente n’est peut-être pas le nombre de degrés dans votre chambre, mais plutôt de savoir où vous ressentez le froid ou le chaud. Vous réveillez-vous avec les épaules froides, de la sueur dans le cou, ou frissonnez-vous pendant une demi-heure avant de dormir ? La réponse en dit plus sur votre couette et votre rituel du soir que le chiffre sur le thermostat. L’heure d’hiver, qui sollicite déjà votre horloge biologique, est le moment idéal pour y réfléchir ; plus d’informations dans ce que l’heure d’hiver fait à votre sommeil.

Questions fréquemment posées

Quelle est la température idéale de la chambre en hiver ?

La plupart des experts recommandent entre 16 et 18 degrés. Les études montrent qu’une couette plus chaude permet d’abaisser cette zone de confort jusqu’à environ 8 degrés. Plus important que la température de la pièce, il faut viser environ 30 à 33 degrés sous votre couette.

Est-il malsain de dormir dans une chambre froide ?

Pour un adulte en bonne santé avec une couette adaptée, une chambre fraîche ne pose aucun problème. L’humidité requiert toutefois de la vigilance : une pièce trop froide peut favoriser la condensation et les moisissures. Pour les seniors, les nourrissons et les personnes souffrant de troubles cardiaques ou pulmonaires, la situation diffère ; en cas de doute, consultez votre médecin pour définir une température sûre.

Faut-il éteindre le chauffage la nuit dans la chambre ?

Cela dépend de votre système de chauffage. Les conseils varient selon les pays. Aux Pays-Bas, par exemple, Milieu Centraal conseille un thermostat à 15 degrés la nuit et d’éteindre les radiateurs des chambres, en utilisant une bouillotte ou une couverture chauffante pour préchauffer le lit. Pour le chauffage au sol ou les pompes à chaleur, 17 ou 18 degrés sont préconisés pour éviter une relance trop lente.

Pourquoi est-ce que je dors mal quand j’ai froid ?

Lorsque vous avez froid, les vaisseaux sanguins de vos extrémités se contractent. Votre corps peine alors à évacuer la chaleur nécessaire à l’endormissement. De plus, le froid peut provoquer des micro-réveils nocturnes.

Sources

  1. Chimed-Ochir, O., Ando, S., Murakami, S., Kubo, T., Ishimaru, T., Fujino, Y. et Ikaga, T. (2021). Perception of feeling cold in the bedroom and sleep quality. Nagoya Journal of Medical Science, 83(4), 705. doi.org/10.18999/nagjms.83.4.705
  2. Haghayegh, S., Khoshnevis, S., Smolensky, M. H., Diller, K. R. et Castriotta, R. J. (2019). Before-bedtime passive body heating by warm shower or bath to improve sleep: a systematic review and meta-analysis. Sleep Medicine Reviews, 46, 124-135. doi.org/10.1016/j.smrv.2019.04.008
  3. Harding, E. C., Franks, N. P. et Wisden, W. (2019). The temperature dependence of sleep. Frontiers in Neuroscience, 13, 336. doi.org/10.3389/fnins.2019.00336
  4. Kräuchi, K., Cajochen, C., Werth, E. et Wirz-Justice, A. (1999). Warm feet promote the rapid onset of sleep. Nature, 401, 36-37. doi.org/10.1038/43366
  5. Pierzchała, K. et al. (2026). Thermoregulation in sleep disorders: comprehensive review. Journal of Clinical Medicine, 15(8), 2929. doi.org/10.3390/jcm15082929
  6. Yan, F., Zheng, Q. et Ke, Y. (2023). Effect of quilt thermal resistance on bedding system and sleep thermal comfort. Journal of Thermal Biology, 117, 103713. doi.org/10.1016/j.jtherbio.2023.103713
  7. Organisation mondiale de la santé (2018). WHO Housing and health guidelines, chapitre 4 : Low indoor temperatures and insulation. ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK535294
  8. Milieu Centraal (consulté en octobre 2026). Conseils d’économie de chauffage. milieucentraal.nl