Quel est le prix de l’insomnie ? Bien d es chiffres ne mentent pas : l’insomnie fait payer un lourd tribut économique et social. Un article paru dans De Morgen met le doigt sur le point sensible : la facture du manque chronique de sommeil et du mauvais sommeil en Belgique s’élève à neuf milliards d’euros par an. Cela représente 1,5 % du produit national brut de ce pays. Mais comment retrouver les euros, les heures et la vitalité perdus ?
Une facture invisible
Neuf milliards d’euros. C’est le montant astronomique des pertes de productivité, de l’absentéisme et des accidents dus au manque de sommeil, selon un rapport belge publié par KBC en juin 2025. Ils concluent que le coût s’élève à 1,5 % du produit national brut. Appliquez ce pourcentage à l’économie de pays comme les Pays-Bas, la France, l’Espagne ou l’Allemagne et les montants sont bien plus élevés !
Alors que nous vivons dans une société branchée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, notre sommeil, et donc notre santé physique et mentale, en fait les frais. Les problèmes de sommeil et le manque de sommeil augmentent le risque d’épuisement professionnel, de maladies cardiovasculaires et de dépression. Mais la solution ne consiste pas à « faire plus d’efforts » pour dormir. Au contraire.
Faire face à l’insomnie : arrêter le combat
Aline Kruit, médecin et thérapeute ACT néerlandaise, auteur du livre Sleeping is doing nothing, met en évidence une vérité paradoxale : plus vous essayez de dormir, moins vous y parvenez.
Le sommeil est un processus passif sur lequel vous n’avez aucun contrôle direct. Kruit conseille de ne pas se réveiller. Au lieu de lutter contre vos pensées (« Je dois dormir maintenant parce que j’ai une réunion importante demain »), apprenez à les accepter.
Grâce à la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), vous apprenez qu’il est moins dangereux de rester tranquillement éveillé que de lutter contre le stress pour trouver le sommeil. « Dormir, c’est se rendre », dit Aline Kruit.
Se couvrir la bouche ou confier son sommeil à des applications n’est pas la solution. Saviez-vous que le nombre de personnes souffrant d’orthosomnie, ou l’obsession du sommeil parfait, a explosé ? Nous avons perdu le contact avec nos propres rythmes, les signaux de notre corps, et nous nous en remettons à des applications peu fiables et à des rituels étranges. Pourquoi ?
Bien dormir ? Lâchez l’accélérateur pendant la journée
Le Dr Inge Declercq, neurologue belge et spécialiste du sommeil, auteur des livres De kracht van slapen et Slaap Wijzer, se penche sur le moteur biologique de notre sommeil. Selon elle, une bonne nuit commence dès le réveil.
Déconnexion
Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que notre cerveau s’éteigne soudainement à 23 heures alors qu’il a fonctionné à plein régime toute la journée. Mme Declercq préconise des « moments de déconnexion » tout au long de la journée et une mise en veilleuse en temps voulu. Elle développe cette idée dans son récent livre Brain Rest .
Lumière et biorythme
Notre horloge biologique a besoin de la lumière du jour le matin et de l’obscurité le soir. Le conseil de Declercq est de « lâcher l’accélérateur régulièrement au cours de la journée ». De courtes micro-pauses et des exercices de respiration empêchent votre système de stress (cortisol) de faire des heures supplémentaires, ce qui vous permet de passer plus naturellement en mode sommeil le soir.
Pas de rumination au lit
Declercq est formel : le lit est fait pour dormir (et pour le sexe). La rumination se fait sur une chaise dans une autre pièce, avec un stylo et du papier pour écrire vos pensées de rumination, afin que votre cerveau n’associe pas la chambre à coucher au stress.
Je sais, ce sont des conseils évidents. Et pourtant, beaucoup de gens ne les appliquent pas. À quand remonte la dernière fois où vous vous êtes senti vraiment détendu ? Sans alcool (ou drogue), sans Netflix, sans votre téléphone ou votre tablette ? Vous vous êtes vraiment détendu, vous vous êtes vraiment amusé ou vous avez beaucoup ri ? Je remarque que de nombreuses personnes souffrant de troubles du sommeil et que je conseille moi-même ont souvent du mal à répondre à cette question. Souvent, le stress domine et, en outre, le stress domine le sommeil.

Cherchez de l’aide pour l’insomnie
Les neuf milliards d’euros que perd notre économie sont un signal d’alarme. Mais le chemin de la guérison ne passe pas par la prise de somnifères ou d’aides au sommeil tels que toutes sortes de gadgets ou de compléments alimentaires.
Les somnifères sont devenus un commerce très lucratif. Saviez-vous que plus de 80 milliards d’euros sont déjà en jeu dans le monde ? Hallucinant ! C’est à n’y rien comprendre ! Si la compréhension de nos besoins biologiques et l’abandon de la compulsion mentale de performance au lit peuvent être abordés différemment, il n’en va pas de même pour les aides au sommeil. Par exemple, avec un soutien adéquat de la part des professionnels de la santé.
Dormir ou mieux dormir n’est pas un luxe ou une perte de temps: c’est la base sur laquelle reposent votre corps et votre esprit. Il est donc grand temps que nous commencions à investir ces milliards dans notre propre repos.
Un psychologue spécialisé dans le sommeil ou un coach de sommeil qualifié peut vous aider à cet égard. Ils jettent un pont entre les connaissances scientifiques et les dures réalités économiques. Elles vous aident à reprendre le dessus. Par exemple, un traitement efficace de l’insomnie est la TCC-i (thérapie cognitivo-comportementale) ou l’ACT ( voir ci-dessus).
Un investissement en vous-même qui porte ses fruits. En faisant quelque chose pour remédier à un mauvais sommeil de longue durée ou à une insomnie chronique, les gens reprennent souvent courage. Elles apprennent à connaître leur horloge biologique, à ressentir les besoins de leur corps et à mieux l’écouter. Lentement mais sûrement, elles sortent du cercle vicieux de l’insomnie. Et grâce à cette connaissance, les risques de rechute sont beaucoup plus faibles. Lorsque vous savez pourquoi vous dormez mal et comment vous pouvez y remédier, vous éprouvez une certaine tranquillité d’esprit.
Ensemble, comment réduire le prix de l’insomnie ?
Planifiez des « pauses cérébrales » : Prenez au moins cinq minutes toutes les deux heures pour fixer votre écran, par exemple.
Acceptez les moments d’éveil : Êtes-vous en train de dormir ? Ne vous mettez pas en colère contre vous-même. Reconnaissez que votre corps se repose, même si vous n’êtes pas profondément endormi.
Cherchez la lumière : Sortez dès le matin. Cela met votre horloge biologique en alerte pour la nuit à venir.
- Demandez de l’aide à un professionnel ! Faites le pas. En fait, la prise en charge de l’insomnie est souvent incluse dans l’assurance maladie de base.
